Esthétique et kinésithérapie font-ils toujours mauvais ménage ?
Non. Dominique Ouhab en est la preuve vivante. Marié à une esthéticienne, il s'est associé avec elle pour développer à Paris un mini centre de remise en forme couplé à un espace esthétique.
C'était la masso-kinésithérapie ou le sport. Finalement, la première l'a emporté, mais Dominique Ouhab a, pendant de longues années, été un adepte du ballon rond dans un club du val de marne. C'est d'ailleur à la faveur de blessures qu'il a consulté Jean Pierre Moreau, le fondateur du stretching postural et qu'il a décidé d'exercer le métier de masseur-kinésithérapeute, tout en gardant un lien avec le sport. Après ses journées de travail en cabinet, il a prodigué à titre bénévole des soins dans différents clubs de gymnastiques ou de football avant de devenir kinésithérapeute fédéral, de 1995 à 2000. "Pour cela, il faut être totalement disponible", dit-il. Une fois marié et père de famille, il a donc arrêté. Et tout récemment, il s'est lancé dans l'aventure de la remise en forme et du bien-être, sous couvert d'une société commerciale, tout en gardant à mi temps son activité de thérapeute libéral.
Marié à une esthéticienne, le massage est-il un problème pour ce couple professionnel? Non. "Le monopole du massage thérapeutique appartient au masseur-kinésithérapeute: cela ne se discute pas. Je n'ai d'ailleurs jamais entendu une esthéticienne dire qu'elle allait soigner par le massage. Pour le reste, c'est une question de qualité de formation et de niveau de compétences", déclare-t-il. Dominique s'est formé à des massages dit de bien-être. Aujourd'hui, pendant que sa femme dispense des soins esthétiques visages et corps dans un institut de beauté, il anime un mini centre de remise en forme dans un lieu situé juste en face. C'est deux entités forme l'espace Pyrène.
"En fait ce sont peu à peu les demandes des clientes de ma femme qui m'en ont donné l'idée", explique-t-il. Il assurait d'ailleurs depuis quelques années des petites vaccations dans l'institut de sa femme pour des bilans corporels, des massages, des conseils diététiques, des mouvements de gymnastique. En aout 2007, un local se libère en face de l'institut. C'est l'occasion. Il saute le pas et crée une société commerciale, décore les lieux, équipe une salle en appareils de gainage postural, de plaques vibrantes et de matériels de cardio-training, une autre en tables de massage, ambiance tamisée, embauche quatre coachs sportifs, anciens préparateurs physiques ou professeurs de Fitness, suit la formation d'ENGY qui associe notamment la méthode Pilates à l'usage de la plaque vibrante éponyme. Pour lui, "pas question de mélanger les genres reéducation et remise en forme même si on est toujours sur le fil du rasoir". C'est pourquoi, il a tenu à maintenir la distance entre son cabinet (dans le Val de Marne) et cet espace à Paris. D'ailleurs, il n'a pas mis au courant ses patients qu'il continue de soigner dans son cabinet. "Ma structure est une alternative au coach individuel et à la salle de sport, j'apporte du sur mesure, dans une atmosphère professionnelle et conviviale". Tout programme est précédé d'un bilan physique avec test d'effort qu'il réalise lui même. Il se compose selon les personnes, de recrutement musculaire, de travail postural,de cardio-training, de programme d'amincissement ou de massages. Quand une personne se présente avec un problème nécessitant de la réeducation, il l'envoie chez un confrère. Déontologie oblige. Sa clientèle est de tous âges, de toutes catégories sociales et compte même quelques célébrités.
Par Marie-Laure Wallon.